Captura de pantalla 2015-04-26 a la(s) 02.14.14

Pongo debajo la entrevista en español y en francés. El link original de la entrevista lo tienen aquí: http://andree-la-papivore.blogspot.fr/2015/04/interview-de-diego-trelles-paz.html

La foto es de Alessandro Pucci

***

A l’occasion de la sortie aux éditions Buchet Chastel de Bioy, son premier roman traduit en français, j’ai l’immense plaisir de recevoir M. Diego Trelles Paz. // Con ocasión de la aparición de Bioy con la editorial Buchet Chastel, su primera novela traducida al francés, tengo el inmenso placer de entrevistar a Diego Trelles Paz.

Bonjour Diego. Je vous remercie d’avoir accepté cette petite interview. En quelques mots, pourriez-vous vous présenter aux lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ? // Buen día, Diego. Le agradezco haber aceptado esta pequeña entrevista. En pocas palabras, podría presentarse a los lectores que aún no lo conocen?

Muchas gracias por la entrevista y por la oportunidad de presentarme. Soy peruano, de Lima, pero he vivido la mitad de mi vida fuera de mi país. Ahora vivo en París desde hace un año y medio. Soy doctor en literatura y me gradué de la Universidad de Austin en Texas con una tesis sobre la novela policial latinoamericana alternativa (o heterodoxa) en la que abordé la obra de autores que no son considerados estrictamente policiales como Puig, Borges, Leñero, Ibargüengoitia, Piglia y Bolaño. Intento ser cinéfilo. Tengo mucho de melómano. Me inicié en la escritura con textos críticos sobre bandas de rock en una revista peruana de música alternativa llamada Caleta. He publicado tres novelas: Hudson el redentor (2001), El círculo de los escritores asesinos (2005) y Bioy (2012). También fui editor de El futuro no es nuestro, una antología de cuentos de los narradores latinoamericanos de mi generación que se tradujo al inglés y al húngaro. Me gusta el fútbol. Mi nuevo libro, Adormecer a los felices, es un libro de cuentos y aparecerá este año en España y en América Latina. Tiene una epígrafe de Louis-Férdinand Céline.

Je voulais tout d’abord vous remercier pour cette interview et de me donner l’opportunité de me présenter. Je suis péruvien, de Lima, mais j’ai vécu une grande partie de ma vie loin de mon pays. Depuis un an et demi, j’habite à Paris. Je suis docteur en littérature. J’ai fini mes études à l’Université d’Austin au Texas en présentant une thèse sur le roman policier latino-américain alternatif (ou hétérodoxe) où j’aborde les œuvres d’auteurs qui ne sont pas considérés comme des écrivains strictement policiers tels que Puig, Borges, Leñero, Ibargüengoitia, Piglia et Bolaño. J’essaye d’être cinéphile. J’ai beaucoup d’un mélomane. J’ai fait mes débuts dans l’écriture en faisant des critiques sur des groupes de rock pour un magazine péruvien de musique alternative qui s’appelait Caleta. J’ai publié trois romans : Hudson el redentor (2001), El círculo de los escritores asesinos (2005) et Bioy (2012). Je suis l’éditeur de El futuro no es nuestro, une anthologie de contes de narrateurs latino-américains de ma génération. Cette dernière a été traduite en anglais et hongrois. J’aime le foot. Mon prochain livre, Adormecer a los felices, est un recueil de contes, et sera publié cette année en Espagne et en Amérique Latine. Il a une épigraphe de Louis-Ferdinand Céline.

Parlons de Bioy, votre premier roman publié en France. Comment est née cette histoire ? // Hablemos de Bioy, su primera novera publicada en Francia. Cómo nació esta historia?

La primera idea vino del cine y, en específico, de The Bad Lieutenant una película de Abel Ferrara en la que Harvey Keitel interpreta a un policía de New York que se convierte en delincuente. Otro cineasta que me gusta mucho, Werner Herzog, hizo otra versión con Nicolas Cage. Las dos películas, a su manera, me parecen formidables. En Bioy busqué aproximarme al tema de la degradación física y moral de las personas dentro de un escenario devastado por la violencia y la corrupción política. Una violencia generalizada que, en la década del 80 y hasta el presente, llegó al Perú a través de la guerra civil, de la dictadura, del narcotráfico. El protagonista, Bioy Cáceres, es un militar que termina de delincuente. Ese fue el punto de partida de una historia que es muy compleja y que abarca más de 30 años de la historia más dura de mi país.

La première idée vint du cinéma, et surtout de The Bad Lieutenant un film d’Abel Ferrara. Harvey Keitel interprète dans ce film un flic de New York qui devient un délinquant. Werner Herzog est aussi un de mes cinéastes favoris, il en fit une version différente avec Nicolas Cage. Ces deux films sont formidables à leur façon. Avec Bioy j’ai essayé de m’approcher du sujet de la déchéance physique et morale des personnes au milieu d’un scénario ravagé par la violence et la corruption politique. Une violence qui se répand dans le Pérou au travers de la guerre civile, la dictature et le trafic de drogues depuis les années 80 à nos jours. Le protagoniste, Bioy Cáceres, est un militaire qui devient délinquant. C’est le point de départ d’une histoire très complexe et qui englobe plus de 30 années d’une histoire des plus dures de mon pays.

L’extrême violence du récit est parfois atténuée, parfois exacerbée, par vos différents changements de style : point de vue cinématographique, pages de blog, journal intime, polyphonie, ellipses temporelles, etc. Une mise en garde, qui apparait comme un défi au lecteur, est même insérée au début du roman : « Vous devez interrompre votre lecture. Changez de livre. Changez d’auteur. ». Pourquoi un tel choix, une telle déconstruction narrative ? // La violencia extrema del libro queda a veces atenuada, o a veces exacerbada, por diferentes cambios de estilo: punto de vista cinematográfico, páginas de un blog, diario íntimo, polifonía, elipsis temporales, etc. Una adevertencia, que aparece como un desafío al lector, está incluso insertada al inicio de la novela: “Usted no debe seguir leyendo. Cambie de libro. Cambie de autor”. Por qué elegir esa opción, una deconstrucción narrativa como esa?

La complejidad de la narración responde al mundo representado: un país degradado que está sumido en el limbo y donde la muerte acecha diariamente. Cuando estaba en el proceso de escritura de Bioy, me di cuenta de que la única manera de narrar esta violencia, tan particularmente horrenda, era violentando las palabras, la estructura, el tiempo de la narración. Nunca busqué ser gentil con el lector. No me interesaba maquillar una realidad que había sido atroz hasta el punto de lo indescriptible, de lo inenarrable. Sin embargo, no pienso que Bioy sea una novela que use la violencia solo para estremecer al lector. No me interesa el efectismo vacuo. La lectura de Bioy puede generar un efecto catártico y tiene todos los componentes de las buenas historias. O, por lo menos, así la concebí.

La complexité de la narration répond au monde représenté : un pays qui se dégrade submergé dans les limbes et où la mort guette quotidiennement. Quand je me trouvais en plein processus d’écriture de Bioy, je me suis aperçu que la seule façon de raconter cette violence, particulièrement horrible, était de violenter les mots, la structure, le temps narratif. Jamais je n’ai cherché à être sympa avec le lecteur. Ca ne m’intéresse pas de maquiller une réalité qui est arrivée à être tellement atroce qu’il est difficile de la décrire, de la raconter. Cependant, je ne pense pas que Bioy soit un roman qui utilise la violence pour ébranler le lecteur. L’effet vide de sens n’a pas d’intérêt pour moi. Lire Bioy peut produire un effet cathartique. Ce roman a tous les composants des bonnes histoires. Ou plutôt, c’est comme cela que je l’ai conçu.

La vision du Pérou qui ressort de cette lecture est très noire, désabusée. On sent bien qu’après trente ans de guerre civile et de dictature les blessures sont encore vives…// La visión del Perú con la que se sale de esta lectura, es muy negra, desilusionante. Podemos sentir que después de trienta años de guerra civil y dictatura las heridas todavía siguen vivas… 

¡ Y es que están vivas ! El proceso de reconciliación sigue su lento curso y nuestra democracia es aún demasiado frágil como para pensar que no podría surgir algo parecido otra vez. En el Perú aún no hay una institucionalidad lo suficientemente fuerte como para espantar al fantasma de la dictadura. Ahora mismo, la hija del ex dictador Alberto Fujimori está primera en las encuestas presidenciales y su padre está preso. Y las mismas taras sociales siguen vivas y vigentes: el racismo, la pobreza, la corrupción, la homofobia, la exclusión y, sobre todo, la desigualdad. Es cierto que es mucho más difícil que ahora se repita todo el horror del pasado, pero siempre tenemos que estar alertas. Es una lucha constante.

Et elles le sont, vives ! Le processus de réconciliation est lent, et notre démocratie est encore beaucoup trop fragile pour penser que nous n’allons plus voir quelque chose de semblable surgir à nouveau. Au Pérou nous n’avons pas encore une structure assez forte pour repousser le fantôme de la dictature. Actuellement, la fille de l’ex dictateur Alberto Fujimori est en tête des sondages pour les prochaines élections présidentielles. Et son père est incarcéré. Les mêmes tares sociales sont encore vivantes et en vigueur : racisme, pauvreté, corruption, homophobie, exclusion et, surtout, l’inégalité. Il est vrai qu’il est assez difficile que toute cette horreur se répète maintenant, mais nous devons rester attentifs. La lutte est constante.

Les références littéraires sont nombreuses dans votre roman, à commencer par le patronyme de l’un des principaux personnages, Bioy Casares. Cette référence à l’écrivain argentin est-elle un hommage déguisé ? Quelles sont vos influences littéraires ? // Las referencias literarias son numerosas en su novela, comenzando por el patrónimo de uno de los personajes principales, Bioy Casares (nota: en la novela es Bioy Cáceres). Esta referencia al escritor argentino es un homenaje disfrazado? Cuáles son sus influencias literarias?

Sí, es un pequeño homenaje a Adolfo Bioy Casares. Es un guiño a los cuentos policiales escritos por Bioy Casares y Borges bajo el seudónimo de Bustos Domecq. Hay gente que piensa que mi novela es una autobiografía sobre Bioy Casares y no tiene nada que ver. Pero me agrada ese pequeño juego intertextual. Mis influencias literarias para esta novela las pueden seguir a través de los epígrafes y las menciones: Cormac McCarthy, Louis-Férdinand Céline, Roberto Bolaño, Ricardo Piglia, William Faulkner. Desde luego, hay más escritores que leí como con fiebre: Juan Rulfo, Juan Carlos Onetti, Manuel Puig, Jorge Luis Borges, Mario Vargas Llosa. Tengo una formación más clásica. En ese sentido, yo siempre vuelvo a Miguel de Cervantes.

Effectivement, c’est un petit hommage à Adolfo Bioy Casares. C’est un clin d’œil aux contes policiers écrit par Bioy Casares et Borges sous le pseudonyme de Bustos Domecq. Il y a des personnes qui pensent que mon roman est une autobiographie de Bioy Casares, et ca n’a rien à voir. Mais j’aime beaucoup le petit jeu intertextuel. Mes influences littéraires pour ce roman, vous pouvez les suivre à travers les épigraphes et citations : Cormac McCarthy, Louis-Ferdinand Céline, Roberto Bolaño, Ricardo Piglia, William Faulkner. Bien sûr qu’il y a d’autres écrivains que j’ai lu de manière presque maladive : Juan Rulfo, Juan Carlos Onetti, Manuel Puig, Jorge Luis Borges, Mario Vargas Llosa. J’ai une formation plus classique. Je reviens toujours à Miguel de Cervantes.

Pourriez-vous nous parler de vos projets actuels ? // Podría hablarnos de sus actuales proyectos?

El más actual es mi libro de cuentos Adormecer a los felices que sale en julio en el Perú y en setiembre en España y el resto de América Latina. No sé si se traduzca en Francia. Aquí no es tanta la afición por los cuentos como en Estados Unidos o América Latina. El segundo es mi última novela: la razón principal por la cual vivo y escribo en París. No suelo hablar de lo que escribo pero puedo adelantar que es una novela sobre la amistad, está presente todo mi mundo ficcional, y tiene una parte final que ocurre en un París salvaje visto a través de los ojos de un latinoamericano desesperado.

Un de mes projets les plus actuels est mon recueil de contes Adormecer a los felices qui sera publié en juillet au Pérou, en septembre en Espagne et dans le reste des pays d’Amérique Latine. Je ne sais pas encore si on va le traduire en français. Mon autre actualité est mon prochain roman : la raison pour laquelle je vis et j’écris en France. Je n’ai pas l’habitude de parler sur ce que j’écris mais je peux vous dire que ça sera un roman sur l’amitié, tout mon monde de fiction est présent, et la partie finale se déroule dans un Paris sauvage vu à travers les yeux d’un latino américain désespéré.